
L'article a été retouché
Le chef de l'Etat "n'avait pas exprimé le moindre regret" concernant son altercation avec un visiteur au salon de l'Agriculture, affirmait même le journaliste sur Canal+ dans la matinée. "Il est difficile même quand on est président de ne pas répondre à une insulte, j'ai sans doute les défauts de mes qualités". Voici la réponse de Nicolas Sarkozy concernant la vidéo qui circule sur Internet, dont a été rajoutée la phrase suivante : "Cela étant, j'aurais mieux fait de ne pas lui répondre". Un ajout que les conseillers de la présidence ont dû faire avec l'aval de Nicolas Sarkozy.

En effet, le résumé de l'entretien a été envoyé à l'Elysée pour "vérification", comme cela se fait traditionnellement lorsqu'un chef d'Etat se fait interroger par un journal. Oui mais voilà, les conseillers du Président ne semblent pas s'être arrêtés à une simple lecture du papier. L'article a été retouché sur certains points. Dominique de Montvalon souligne le fait que les lecteurs, qui ont interviewé Nicolas Sarkozy, "retrouvent dans le journal quelque chose que le Président n'a pas dit, qu'ils n'ont pas entendu".
Cela pose un réel problème. Comment le Président de notre République peut-il se permettre de modifier ne serait-ce que partiellement un entretien qu'il a eu avec un panel de la population ? Dans la version originale du papier Sarkozy admet : "j'aurais pas dû lui dire: casse-toi". Néanmoins, le chef de l'Etat semble oublier le "pauvre con" de la vidéo. Le papier proposé aujourd'hui s'apparente donc à une version truquée de la rencontre... à un mensonge aux Français.
Version originale demain
Dans ce cas, pourquoi le "Parisien a-t-il publié cet entretien ? Dominique de Montvalon annonce que le version originale va être publiée demain. Mais pourquoi la rédaction n'a pas attendu d'avoir une explication avec l'Elysée pour publier son papier. Cela revient à proposer une fausse information aux lecteurs. Surtout que la phrase ajoutée est aussi le titre du papier ! Bref si le directeur de rédaction du Parisien semble vouloir montrer sa bonne foi, le fait d'avoir dévoilé l'entretien aujourd'hui est une faute.
La parution, demain, de la version originale de l'entretien de Nicolas Sarkozy avec un panel de la population devrait être très intéressante. L'occasion pour chacun de jouer au jeu des sept différences avec le papier corrigé par l'Elysée.

Son premier Salon de l'Agriculture en tant que Président de la République aurait pu se passer tranquillement. Pourtant, Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois crée la polémique en insultant un visiteur de "pauvre con" dans la journée de samedi. Un dérapage de plus qui a fait beaucoup de bruit
"Touche moi pas, tu me salis !" "Casse toi alors, pauvre con !" C'est en ces termes que le chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, a répondu à un visiteur refusant de lui serrer la main. Connu à cause de ses nerfs fragiles, le Président de la République a confirmé que son état de grâce était bel et bien terminé. L'événement ne devrait pas aidé Nicolas Sarkozy à remonter dans les sondages. Une aubaine pour la Gauche de François Hollande.
Ce n'est pas la première fois
On se souvient de l'ancien Président de la République, Jacques Chirac, marchant pendant des heures entre les stands du Salon de l'Agriculture. Ce temps est révolu. Aujourd'hui, l'actuel chef de l'Etat ne semble pas adopter la même philosophie que son prédécesseur. Jamais considéré comme un fervent admirateur de la cause paysanne, Nicolas Sarkozy s'est appliqué à passer rapidement, comme il en a l'habitude, à travers les animaux de la ferme.

Et pourtant, cela a été suffisant pour que le Président trouve encore le moyen de se faire remarquer. Tout se passait bien. Nicolas Sarkozy serrait des mains, saluait la foule. Jusqu'au moment ou les premiers grondements se font entendre. De plus, ce n'est pas la première fois que le Président de la République s'oppose à un badaud.
Souvenez-vous, lorsqu'au début du mois de novembre, le chef de l'Etat avait eu une altercation avec un marin pêcheur du Guilvinec. Samedi, "c'était un échange d'homme à homme direct et viril", a défendu Jean-Pierre Raffarin. Mais pour François Hollande, premier secrétaire du PS, le constat est simple : "Nicolas Sarkozy ne fait pas Président. Cette fonction exige de la tenue et un comportement plus rigoureux". Mais pourquoi a-t-il soudainement perdu son calme ?
Tenté de contourner l'avis du Conseil constitutionnel
Cette réaction est sans aucun doute dû au cumul de mauvais points de la part du Président. Après le "chantier de Neuilly et la polémique sur les sectes, Nicolas Sarkozy a engagé un bras de fer en contestant la décision du Conseil constitutionnel sur la loi de rétention de sûreté. Les Sages, qui ont partiellement censuré le projet de loi de la ministre de la Justice Rachida Dati (qui prévoit de faire enfermer à vie les criminels soupçonnés de pouvoir récidiver), ont définitivement fait craquer un Président qui se rend compte que sa tâche n'est pas si aisée que ça. Tenté de vouloir contourner l'avis du Conseil constitutionnel en passant par le premier président de la Cour de cassation, le chef de l'Etat est accusé de mettre à mal la fonction présidentielle selon l'opposition.
Nicolas Sarkozy accumule les problèmes à la veille d'élections municipales qui s'annoncent difficiles pour l'UMP. Pour Jean-Pierre Raffarin, il faut "protéger" le Président. Une action qui devient de plus en plus difficile à réaliser pour les membres de la majorité qui souhaitent avant tout éviter la casse début mars.
Steven Lambert

Etendre son empire
Pourtant, c'est bien ce que fait la famille Sarkozy. Même si la "sarkozymania" commence à s'effriter sérieusement, Neuilly n'aura pas le choix. Pour les cantonales, il y aura un Sarkozy. Par cette candidature, le Président de la République montre sa détermination à toujours avoir un oeil sur son fief des Hauts-de-Seine et à toujours étendre son empire dans le monde de la politique française.

Cela fait déjà presque un an que l'on ne parle que de Nicolas Sarkozy et de ses nombreuses frasques . Tout avait commencé le jour de sa victoire aux élections présidentielles de 2007. Dans la soirée, le tout nouveau Président s'était rendu au Fouquet's avec ses nombreux amis. Aujourd'hui, le chef de l'Etat s'octroie souvent la une des journaux et des magazines. Entre ses nombreuses propositions qui dérangent et sa vie privée étalée dans la presse people, Nicolas Sarkozy démontre une certaine tendance à vouloir tout faire devant tout le monde, créant parfois la polémique.
"Les sectes sont un non-problème"
Et les polémiques, il les accumule. Après la rumeur annonçant la venue de Philippe de Villiers au gouvernement suite aux élections municipales, Nicolas Sarkozy a été victime de sa directrice de cabinet, Emmanuelle Mignon, qui a affirmé "qu'en France, les sectes sont un non-problème". Des propos dont le Président de la République se serait bien passé.
Il n'y a pas si longtemps, Nicolas Sarkozy recevait l'acteur américain Tom Cruise. Adepte de la scientologie, le comédien semblait être un grand ami de notre Président. La rencontre avait fait grincer de nombreuses dents. De plus, l'image nous permet de nous poser des questions sur la sincérité du chef de l'Etat quand il affirme que "les activités sectaires sont inacceptables, inadmissibles".
Bref, qu'on l'apprécie ou pas, Nicolas Sarkozy trouve toujours le moyen de faire parler de lui. Enfin, n'avait-il pas annoncé la couleur dès la campagne pour les élections présidentielles de 2007 ?

Président de l'extrême droite anti-arabo-musulmane
"Je souhaite former un gouvernement d'ouverture". Tels étaient les propos du candidat Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle de 2007. Mais l'ouverture prônée par le gouvernement doit-elle se transformer en terre d'accueil pour les classes les plus extrêmes de la politique ? Avec l'entrée de Philippe De Villiers au gouvernement, Nicolas Sarkozy accueillerait ainsi le président de l'extrême droite anti-arabo-musulmane. L'idée fait froid dans le dos de la République.

Cela commence à faire beaucoup. En mai 2007, Nicolas Sarkozy faisait déjà du pied à l'électorat de l'extrême droite. Récupérant de nombreuses voix du FN, le président de l'UMP ouvrait grand les bras à la tranche la plus dure de la politique. Un ministère de l'immigration plus loin, le chef de l'Etat émet l'idée d'intégrer Philippe De Villiers dans son équipe.
Outre les rumeurs de couloirs, le dialogue se noue aussi sur le terrain : "un candidat commun à l'UMP et au MPF pourrait être désigné lors de la législative partielle qui devrait avoir lieu dans quelques semaines pour remplacer Joël Sarlot, le député apparenté UMP invalidé dans la cinquième circonscription de Vendée", dévoile Aujourd'hui en France.
Le simple fait de réfléchir à cette idée est inquiétant
Si le MPF se rapproche de l'UMP, il n'est pas certain que les personnalités de gauche du gouvernement apprécient la manoeuvre du Président. Fadela Amara la première. Née au sein d'une famille Algérienne de Kabylie, la secrétaire d'Etat chargée de la politique de la Ville pourrait voir d'un mauvais oeil l'entrée de celui qui a plusieurs fois montré son aversion envers les musulmans. Kouchner lui emboîtant sûrement le pas.
Nicolas Sarkozy n'a pas fini de nous surprendre. "Rien n'est fait, on réfléchit juste à haute voix", tempère-t-on dans l'entourage du chef de l'Etat. Mais le simple fait de réfléchir à cette idée est inquiétant. Jusqu'où ira le Président ?
En baisse dans les sondages depuis la fin de l'année 2007, Nicolas Sarkozy semble ne plus savoir quelle proposition faire aux Français pour regagner leur confiance. Et ce n'est sans doute pas cette dernière qui va calmer les banlieues...

Aujourd'hui, Julien Dray se présente comme l'éventuel "rassembleur" des socialistes en citant de nombreuses fois François Mitterrand et François Hollande. "Le Parti Socialiste c'est ma vie", affirme le député de l'Essonne. Estimant être à la hauteur du poste, le porte parole du PS précise qu'il ne s'agit pas d'un "caprice", mais de l'envie de porter "un projet collectif".

Tout se décidera lors d'un congrès qui aura sûrement lieu à l'automne 2008. Premier secrétaire du PS depuis 1995, François Hollande n'a pour l'instant pas la tête à sa succession. L'objectif premier étant que le PS fasse bonne figure durant les élections municipales de mars.


