




On se souvient tous de cette vidéo diffusée en décembre 2007. Ingrid Betancourt est assise la tête baissée devant une petite table en bois. Plus maigre que jamais, l'otage fait état d'une tristesse palpable et n'esquisse aucun mouvement face à la caméra. L'image semble sortie d'une autre dimension. Pourtant elle parait bien réelle lorsque Fabrice Delloye, son ex-mari, affirme : "les dernières nouvelles sont épouvantables. Elle a été punie par ses geôliers et enchaînée parce qu'elle leur a mené la vie dure et qu'elle a essayé par cinq fois de s'évader". "Elle est en train de mourir", s'exclamait son fils Lorenzo.
Depuis cette preuve de vie, les tentatives de négociations se sont multipliées. Nicolas Sarkozy s'est dit prêt à aller chercher Ingrid Betancourt à la frontière entre le Venezuela et la Colombie, si c'est une condition posée par les Farc. "Il s'agit d'une question de vie ou de mort", a souligné le Président Français depuis l'Afrique du Sud. "Le martyre imposé à Ingrid Betancourt, c'est un martyre qu'ils infligent à la France", insiste-t-il. Aujourd'hui Ingrid Betancourt est le symbole de l'horreur dont fait preuve cette guérilla.
Libérer 500 membres des Farc contre Ingrid
Le seul qui dispose de nombreux contacts avec les Farc n'est autre que le Président Vénézuélien Hugo Chavez. Très impliqué dans la mission de sauvetage de l'ex-candidate , le très controversé Hugo Chavez a demandé au chef des Farc, Manuel Marulanda, de mettre la prisonnière en lieu sûr. Mais la guérilla exige la signature d'un accord humanitaire qui permettrait de libérer 500 membres des Farc en échange de l'otage franco-colombienne.
Mais Alvaro Uribe, Président de la Colombie, refuse de mettre en place une zone démilitarisée pour débuter les négociations. Le Comité de soutien d'Ingrid Betancourt et l'ensemble de sa famille ont d'ailleurs publié hier une lettre demandant "aux chefs d'Etat du monde entier d'apporter leur soutien à Alvaro Uribe pour qu'il accepte de discuter des conditions d'un accord humanitaire dans la zone de Pradera et Florida.
Bref, si la vie de cette femme tient entre les mains d'une poignée d'hommes, dont fait partie Alvaro Uribe, c'est bel est bien le monde entier qui semble concerné par le parcours de cette femme. Qui ne ressent pas le moindre chagrin en voyant les images envoyées par les Farc ? Les conditions de séquestration subies par Ingrid Betancourt deviennent insupportables d'après les témoignages des ex-otages.
Ingrid Betancourt semble aux portes de la mort. "Elle vit dans des conditions inhumaines", rappelle sans cesse Perez. Elle qui réclamait aux Farc de ne plus jamais faire d'otages. La vie d'une femme est plus que jamais en jeu. Chaque jour qui passe la rapproche un peu plus de la mort. Un symbole de paix s'écroulerait si elle venait à mourir...
Steven Lambert

"Honte à vous, Barack Obama"
La sénatrice de New York n'a plus le choix. Depuis samedi, l'ex First Lady s'applique à attaquer l'ex avocat à qui elle reproche de procéder à des tactiques de campagne en décalage avec son discours rassembleur. Les tracts d'Obama dénonçant son plan de réforme du système de santé et sa position sur l'ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) ont véritablement mis hors d'elle Hillary Clinton.
Et c'est peu dire. "Honte à vous, Barack Obama !", s'est écriée la candidate samedi. "Assez de discours et de grands rassemblements accompagnés de tactiques qui sortent tout droit du manuel de Karl Rove (le stratège de George W. Bush), a continué l'ex First Lady.
La réaction du sénateur de l'Illinois ne s'est pas faite attendre. "Je suis très étonné par le soudain changement de ton", a affirmé Barack Obama lors d'une conférence de presse à Columbus. "Cela me fait penser qu'il y a quelque chose de tactique dans l'énervement de ce matin", a-t-il déclaré.

En effet, la colère d'Hillary Clinton semble être liée à l'approche des primaires du Super Tuesday bis du 4 mars. En position de faiblesse, Clinton n'a plus d'autre choix que d'attaquer son rival pour l'investiture du camp Démocrate. Au pied du mur, l'épouse de l'ex-président Bill Clinton annonce la couleur avant le débat de mardi soir.
Une photo qui dérange
Lundi, une photo datant de 2006 dévoile Barack Obama coiffé d'un turban et habillé d'une robe blanche sur le site du "Drudge Report". La rédaction affirme avoir reçu la photo d'un membre de l'équipe de campagne d'Hillary Clinton. Connu pour avoir révélé l'affaire Lewinsky mais aussi pour dévoiler des scoops mensongers, le site a néanmoins crée la polémique en voulant démontrer la relation du candidat avec la religion musulmane. Alors que l'affaire est "risible" pour Clinton, c'est "un coup bas" pour Obama dont le père était Kenyan de religion musulmane.
Bref, si Hillary Clinton a vraiment envoyé cette photo au site, l'ex première dame des Etats-Unis affirmerait plus que jamais sa position de faiblesse face à Barack Obama. Un résultat qui serait très négatif en vue de l'importance de la semaine qui arrive.
La tension entre les deux candidats à l'investiture démocrate a considérablement augmenté depuis samedi et l'approche des primaires du 4 mars. Le débat de mardi soir s'annonce déjà électrique.

Il n'obtient que 0,3% des voix en 2004
Quoiqu'il en soit, la nouvelle a sûrement fait grogner les Démocrates. Obtenant 2,7% des voix sous la bannière du Parti Vert en 2000, Ralph Nader est aujourd'hui considéré comme l'épouvantail du Parti Démocrate. Mais la menace est-elle aussi grande ? En 2004, le candidat indépendant n'avait obtenu que 0,3% des voix.

Bref, si ses scores semblent en déclin, Ralph Nader ne semble pas faiblir dans ses discours. Accusant les deux favoris du Parti Démocrate de ne pas s'intéresser à la guerre en Irak, des scandales boursiers et du conflit israélo-palestinien, le nouveau candidat se dit prêt à s'expliquer sur "les grands dossiers totalement ignorés ou combattus par les grands candidats Obama, Clinton et McCain". Même si le nouveau candidat de la course à la présidence semble convaincu de pouvoir réunir un certain électorat, la menace la plus sérieuse semble venir de New York.
Bloomberg candidat ?
En effet, l'impact de la cinquième candidature de Ralph Nader semble ne pas provoquer un émoi particulier au sein de la sphère politique américaine. Surtout face à l'interrogation qui plane au dessus de la tête du maire de New York, Michael Bloomberg. Elu en 2001 sous les couleurs du Parti Républicain, le fondateur de l'agence de presse du même nom, est aujourd'hui indépendant. Ne cachant pas son intérêt pour la Maison-Blanche, le milliardaire semble tenir en haleine le monde politique américain. Pour Jon Corzine, gouverneur démocrate du New Jersey : "Ca aurait un impact majeur, et il impossible de prévoir quel bord en souffrirait le plus". Mais pour le moment, Bloomberg n'est pas annoncé comme candidat.
Côté démocrate, la campagne se poursuit entre Obama et Clinton avec un ultime débat télévisé mardi en prémisse des primaires du 4 mars au Texas et dans l'Ohio. Conséquences de cette ultime confrontation à suivre.


